Marie-Louise Mise à jour décembre 2017

Bonne maman, notre entente avait été immédiate, j'appréciais votre simplicité, je vous imagine bien admirer ma jeunesse.

Par la suite nous avons souvent eu l’occasion de bavarder, vous me racontiez votre imprudente traversée de l'Espagne au plus fort de la grippe espagnole et je vous parlais de notre vie à Paris. Nous avons aussi eu assez souvent l’occasion de partager des fonds d’artichauds que je ne peux encore manger aujourd’hui sans penser à vous1.

Maintenant, il n'est pas possible d’évoquer votre souvenir sans parler de votre grande facilité à vous emporter. Cela pouvait prendre une forme amusante comme ce soir où rentrant du brigde2 vous vous êtes retrouvée sans vos clés devant la maison de la rue des Pyrénées. Ce devait être vers 1978 et avec vos 74 années vous êtes passée au-dessus de portail en métal.

Cela pouvait être un peu plus embarrassant quand cette énergie incontrollée se trouvait employée avec une trop grande liberté de parole. Remontons de quelques heures pour revenir au bridge de l’après midi où vous retrouviez souvent Yvonne Paloque3 qui se plaignait ensuie de certaines de vos saillies qu’elle jugeait beaucoup trop incisives pour le cercle à qui vous les adressiez. Pour Claude ces foucades vous avaient certainement causé du tord.

Parfois c'était utile, comme dans vos années d’études où vos congénères faisaient grand cas de vos avis sur les questions de mode qu’elles savaient qualifiés et sincères. Parfois c'était un rituel comme ces fins de repas de 15 août où il s'agissait de s'invectiver avec vos gendres4 sur les mérites respectifs des fonctionnaires et des employés du privé.

Après votre attaque, vos derniers jours ont été douloureux , à commencer par cet été 1991 à Formiguères où vous n'auriez jamais du venir compte tenu de votre comportement devenu alors totalement incontrôlé.

Hubert
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Notes et références

  1. ↑  La compote de pomme aussi était très bonne, mais peut être un peu trop sucrée ce qui la relègue en bas de page.
  2. ↑  C'était encore l’époque où il est entendu que les épouses qui ne travaillaient pas dever se retrouver l’après midi pour jouer au bridge.
  3. ↑  Yvonne qui vous avait introduit dans ses cercles amicaux lors de votre arrivée à Toulouse.
  4. ↑  Pauvres gendres d’ailleurs dont aucun ne trouvait grace à vos yeux.
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